Une ado fugueuse comptait faire le djihad en Syrie

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Assia, 15 ans, originaire de Villefontaine (Isère), voulait partir en Syrie faire le djihad a été retrouvée à Marseille par ses parents samedi soir après quatre jours de disparition.

Entendue par le juge pour avoir volé la carte bleue de ses parents, Assia a vu sa garde à vue prolongée dimanche soir. Son attitude agace le procureur: les auditions « semblent la faire rire ». Notant qu’elle en est à sa troisième fugue, il recommande qu’elle soit présentée dès lundi au juge des enfants de Vienne « avec ouverture de deux dossiers, l’un en assistance éducative, l’autre à caractère pénal, la considérant comme en danger, mais également potentiellement dangereuse ou du moins s’inscrivant dans un acte de délinquance ». Le procureur va aussi demander « un suivi éducatif et judiciaire » immédiat et « une expertise psychiatrique et psychologique de la mineure ».

L’adolescente expliquait dans les médias samedi soir avoir été dissuadée durant sa fugue de rallier la Syrie par des « gens ». Elle a cependant confirmé au procureur avoir fugué pour aller « faire le djihad » en Syrie. À ses yeux, participer à « la guerre sainte » constitue « une expérience de la vraie vie ». Si Assia apprend par cœur les sourates, elle n’en comprend pas réellement le sens et ne parle absolument pas l’arabe, a révélé le procureur. Son degré de religiosité semble extrêmement faible, ses propos ne sont absolument pas idéologiquement construits.

On en sait aussi désormais un peu plus sur son séjour à Marseille. Elle a d’abord rencontré un autre mineur en fugue, gare Saint-Charles, avec qui elle a partagé une chambre d’hôtel, sans qu’il n’y ait de relation intime. Avec lui, elle se serait rendue dans les quartiers nord de la ville, son camarade cherchant à se procurer de la drogue. Mais au cours de cette virée, Assia s’est fait voler son sac et son argent.

La jeune fille a également partagé une chambre d’hôtel avec un autre individu qui n’a pas été identifié, puis avec une troisième personne qui lui aurait financé une nuit d’hôtel. Cherchant du travail, elle a expliqué avoir été embauchée au noir dans un bar, mais la propriétaire le réfute. Elle a seulement servi à manger à l’adolescente qui était venue partager le repas de l’Aïd, selon ses dires.